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Expérience spirituelle avec Sathya Sai Baba en 1992

Comment arriver à maîtriser ses pensées, comment arriver à se détacher de ses désirs? J'ai l'impression que je m'attendais un peu à un miracle de la part de Baba, je voulais sans doutes qu'Il me transforme en une fois, je voulais devenir parfait tout de suite!  Je croyais que j'allais sauter toutes les étapes en une seule fois!

Par contre ce qui est certain, c'est que beaucoup de choses sortent en surface, beaucoup de problèmes. Mais pendant que toutes ces mauvaises choses sont remuées, il faudrait qu'on essaye d'observer nos pensées prudemment et scruter chaque acte que nous accomplissons. Ici, comme la culture est différente, comme l'ashram n'est pas un endroit de vacances et comme les conditions de vie ne sont pas toujours faciles, on doit absolument essayer d'enlever nos vieilles pensées indésirables et modifier notre attitude parce qu'autrement, nous sommes une porte grande ouverte aux problèmes. Je me répète certainement mais c'est très important. Je m'en suis rendu compte par après, avec le recul.

Essayons d'observer nos actions, chaque fois qu'elles ne sont pas bonnes, essayons de les corriger mais ne les jugeons pas et surtout ne nous blâmons pas. L'ashram, Prashanti Nilayam est une école et Baba en est le professeur. Et Il ne nous épargne pas, Il nous fait travailler au maximum. On ne voit pas facilement le fruit de notre travail, on ne se rend pas vraiment compte de l'utilité de tout cela mais je suppose que quelque part, tout ce qui nous arrive nous est nécessaire, nous avons besoin de tout cela, de tous ces conflits, pour les surpasser, pour continuer notre évolution, notre élévation. Cela ne se fait pas sans chutes et c'est ce qui nous arrive, on tombe, et on tombe encore et encore et à chaque fois la chute est moins douloureuse et à chaque erreur, à chaque chute, il faut s'observer, essayer de se corriger et recommencer à nouveau! Il faut demander à Baba de nous aider, demander et redemander et Lui demander sans cesse de nous aider, encore et encore. On doit rester aussi ouvert à son aide, être ouvert à ses réponses, à ses conseils. Tout cela n'est vraiment pas facile. Cela ne se fait pas tout seul! Non, on ne vient pas à Prashanti Nilayam en vacances! Prashanti Nilayam est une rude école de la vie, rien n'est facile ici. En fait cela varie avec chacun.  Pour certains c'est très facile, pour d'autres, très difficile. Cela varie de l'état de conscience où nous nous trouvons. Prashanti est la Demeure de Paix Suprême pour ceux qui savent très bien s'intérioriser et se détacher du monde qui grouille tout autour d'eux, pour ceux qui savent se détourner du bruit incessant. Tandis que pour d'autres, qui ne parviennent pas du tout à s'intérioriser et à se détacher, cela peut être un grand stress. Les règles sont très strictes, n'oublions pas que c'est un ashram et non un village de vacances. On est rationné, il est très difficile d'obtenir toute la nourriture en une seule fois mais il ne faut pas se laisser prendre au piège et s'énerver car de toutes façons, on obtient toujours ce qui nous est nécessaire mais nous occidentaux, on veut toujours plus que ce qui nous est nécessaire!  Swami, ne nous laisse jamais manquer de quoique ce soit mais cela ne se passe pas toujours comme nous, nous le voulons! Les sevas dals ne sont pas toujours aimables mais ce ne sont que nos projections en fait, ils font partie du plan divin, ils sont le décor et les déclencheurs de nos réactions, souvent de nos mauvaises réactions. Et là encore, nous devons nous observer et essayer de nous corriger! Toutes ces tensions, de même, celles créées par le fait même de vivre l'un sur l'autre en permanence, et du fait que les familles sont séparées et que c'est assez inhabituels pour nous, occidentaux, pourraient faire croire à certains que Prashanti est un enfer. Mais tout cela est normal, je crois que le bénéfice de notre travail se fait sentir plus tard. Prashanti est une école de patience! Il faut accepter, il faut se surpasser et essayer malgré toutes ces difficultés, de s'ouvrir à Swami. Le laisser nous guider, essayer de s'abandonner à Lui, de s'abandonner à Sa Volonté! Il sait mieux que nous ce que nous avons avons besoin et quand nous en avons besoin. Demandons à Baba de nous guider pour n'importe quoi, même lorsque nous sommes au lit, demandons-Lui de nous enlever nos illusions pour que la vérité puisse grandir en nous. Au réveil, demandons la bénédiction de Swami. Consacrons-Lui nos premiers instants et remercions-Lui pour tout ce qu'IL nous offre, pour tout ce que nous savons et pour tout ce que nous ne savons pas! Demandons à Swami de nous aider à éveiller notre âme à sa propre divinité, à être et à devenir de plus en plus conscients de notre propre Baba intérieur et à s'ouvrir de plus en plus à Lui. Demandons à Swami que durant ce jour nouveau qui s'éveille, que s'éveille en nous le soleil intérieur et qu'il illumine chacune de nos pensées, chacune de nos paroles, chacune de nos actions. Demandons à Swami, de nous aider à nous abandonner à Lui, pour qu'à travers nous, ce soit Son Amour qui s'exprime. Ayons l'intention de nous consacrer à Lui, durant toute notre journée. Notre but doit être l'union avec Bhagavan. Notre but doit être de nous libérer des illusions de notre ego. Essayons de ne voir que le bien. Remercions le Seigneur de tout ce qui nous arrive, de tout ce qu'Il nous offre ! Tout!  Demandons-Lui constamment de nous guider, de nous aider à nous purifier. Soyons en silence chaque fois que cela nous est possible. Gardons le plus souvent possible nos lèvres closes et notre coeur ouvert! Ce qui est important aussi, c'est de ne pas toujours essayer de comprendre toutes choses. Il y a des choses que nous devons accepter sans essayer de comprendre. Lorsqu'on a un doute sur ce que nous devons faire, aimons, aimons toujours, choisissons l'amour tout le temps. Mais avant tout, essayons de demander, toujours demander l'aide, la guidance de Bhagavan. Chaque acte que nous faisons devrait être précédé par une demande. Est-il approprié ? Amènera-t'il de bons résultats ? Nous devons accroître notre discrimination, et le seul moyen de l'obtenir, c'est de demander continuellement à Baba. Est-ce que cela m'avance vers la bonne direction ? Est-ce un acte d'amour ?

Est-ce que je sers mon ego ou Baba ? Pour cela, nous devons cultiver la présence de Baba en nous à chaque instant, sachant qu'Il sert le pauvre à travers nous et qu'Il est le pauvre que nous servons!

Lorsqu'on est conscient qu'Il est avec nous à tout instant, spécialement les moments où on préférerait qu'Il ne nous voit pas, alors, nous commencerons à agir comme s'Il était en notre présence!

Swami nous dit : "Installez-moi dans l'autel de votre coeur, car c'est l'endroit où Je préfère résider... Je n'ai pas de disciples ou de dévots. Mais Je suis vous et vous êtes Moi. Bien que Je sois très loin en terme d'espace et de temps, vous êtes en Moi et Je suis en vous, nous sommes inséparables. Cette vérité peut vous être révélée uniquement lorsque vous savez que Je réside dans votre coeur."

Et cette phrase est tellement bien illustrée dans le musée. On entre dans une grotte et dans la première petite salle, on voit une tv où on se voit dans le coeur de Swami et Il dit, "vous êtes en Moi".  Puis, on voit Swami dans notre coeur et Il dit : "Je suis en vous".  Et, à la fin, Il dit "Vous et Moi sommes UN".

L'interview

Avec le recul, je me rends compte que je me suis laissé prendre au piège de l'interview et j'en ai énormément souffert, comme beaucoup d'autres. Alors que je le savais, des amis m'en avaient parlé, je l'avais lu, mais il régnait une telle fièvre tout autour de moi, que je me suis laissé prendre à ce jeu cruel qui consiste à tout miser sur une interview. C'est évident pourtant qu'une interview n'est pas vraiment nécessaire! Ce que j'aurais du faire, c'est de garder mon esprit toujours centré sur Baba, du matin au soir et de ne pas m'occuper de ce que les autres disent ou font! C'est ce que je vous conseille! C'est pour cela que j'insiste, pour que vous ne tombiez pas dans le piège! En fait, on m'avait tellement dit que c'était certain, que j'allais avoir une interview! Tout le monde autour de moi me poussait vers cela! Et je me suis laissé prendre au jeux, et j'en ai souffert, j'ai perdu un temps précieux! Au lieu de dire à Baba, que même si je n'avais pas la chance de le voir personnellement, que je Lui serai toujours plein de gratitude pour ces instants bénis que je passais en Sa présence bénie en ces lieux bénis. Au lieu de le remercier pour tout ce qu'Il faisait pour ma famille et moi, j'en suis arrivé par moment à Lui dire que j'étais déçu et qu'Il ne faisait rien pour nous!

Au lieu de fermer les yeux, de m'asseoir silencieusement et de visualiser la forme aimante de Baba devant moi lorsque j'étais fatigué d'être assis, fatigué de devoir attendre, j'en venais à lui dire que je trouvais bizarre le comportement des gens et surtout des sevas dals et qu'ils n'étaient pas des exemples à suivre! J'oubliais à ce moment qu'il y avait l'ensemble du gouvernement Indien qui se trouvait à l'ashram, et que les seva dals, eux aussi, ils en avaient mare des gens qui ne respectaient pas l'ordre et les règles. J'oubliais qu'eux aussi, c'étaient des êtres comme moi, avec leurs faiblesses et leurs émotions et qu'en plus, ils devaient diriger une foule de plusieurs milliers de personnes! J'oubliais tous leurs tracas. J'oubliais que je devais plutôt prier pour eux et que Baba était en tous et donc en eux aussi! J'oubliais d'accepter tout ce qui m'arrivait, que je devais oublier tout ce qui se passait autour de moi et que plutôt, il aurait fallu que je mette toute mon âme dans un grand acte de foi et d'amour, demandant à Swami d'ouvrir mon coeur et de purifier mon esprit dans l'espoir de me délivrer de l'illusion et des souffrances qui entravent ma vie. Pourquoi souhaiter autre chose? Pourquoi ne pas voir cette merveille et essayer de profiter de ces moments uniques, le plus longtemps possible? J'aurais du demander en permanence, l'aide de Swami, pour me laisser aller, pour accepter ce qu'Il me donnait et pour essayer d'en tirer profit, pour qu'Il m'aide à me transformer, à saisir le message qui m'était destiné, et à trouver l'attitude que je devrai avoir à mon retour, quand je serai loin de Lui. J'aurais dû Lui demander, en permanence de m'enseigner à m'approcher de Lui avec amour, avec respect et louange, avec humilité, j'aurais dû Lui demander ce secret! J'aurais dû Lui demander en permanence comment ne pas perdre un seul instant de ce temps si précieux qui me restait à passer dans ce champ d'énergie qu'Il maintient dans l'ashram!

Lui demander de m'aider à écouter la guidance qu'Il m'offrait, de m'aider à Le trouver à l'intérieur de moi, de m'apprendre de quelle manière L'atteindre. Pour tout cela, j'aurais du L'appeler,Le supplier, L'implorer, pour qu'Il me montre comment Le trouver, pour qu'Il me montre comment me trouver! J'aurais du crier, hurler de tout mon coeur, du plus profond de moi, cette supplication. Oui bien sur, je l'ai fait mais pas tout le temps, je me suis quand même laissé prendre au piège de l'interview!

   Le 14 juillet 1992, au darshan du matin, nous avons eu la 4ième ligne et nous étions assis à la 2ième rangée dans la cour du mandir. C'était fantastique, la première fois que nous avions une aussi belle place. Nous étions vraiment très près de Swami et Il est venu juste en face de moi! J'ai donc bien pu le voir, de près, j'étais exaucé et heureux. Il a octroyé une interview à un groupe grec. Je lui ai demandé une interview pour les belges mais il ne m'a pas regardé!  C'était frustrant mais c'est comme cela. Je crois que je l'ai accepté sans trop de déception car c'était la première fois que j'avais une aussi belle place. Donc, je supposais que nous n'aurions pas d'interview, je ne croyais pas que nous aurions une autre occasion aussi belle pour le Lui demander! Malgré mon bonheur, mon mental ne pouvait pas s'empêcher de carburer à du cent à l'heure! A midi, je parlais à Théodora de tout cela et je lui disais, que je regrettais de m'être fait prendre au piège de l'interview, que j'avais vraiment perdu beaucoup de temps à tout cela mais que maintenant, j'avais compris!

De toute façon, Baba reçoit qui Il veut, quand Il veut et personne ne sait pourquoi et personne ne comprend sur quoi Il se base. J'abandonnais vraiment tout cela entre ses mains. Que Sa Volonté soit faite et non la mienne! Le déclic était enfin venu, il m'en avait fallu du temps mais, il était quand même venu. La Volonté de Swami et non la mienne! Théodora était contente pour moi et était d'accord avec moi aussi. Je m'abandonnais enfin!

   Après la sieste, nous sommes partis au darshan de l'après-midi, mes trois enfants, Aris, Spyros, Vanguelis, Christine, une amie  et moi. Dans la ligne, je me concentrais sur Swami et je répétais tout le temps, "Ta Volonté Swami et non la mienne, Om Sai Ram , Ta Volonté Swami et non la mienne, Om Sai Ram". Et cela pas pour obtenir une interview mais pour ne plus m'éparpiller! A un moment donné, les enfants ont crié : "Papa, papa, on a le numéro 1, la ligne numéro 1! Je n'en croyais pas mes oreilles!

Nous étions à la première rangée au darshan! Pendant que nous attendions que Swami sorte, mon mental recommençais à construire des scénarios!

Alors, je me suis de nouveau concentré sur la répétition du nom de Bhagavan et sur "Ta Volonté Seigneur, non la mienne". J'étais partagé malgré cela entre le fait de demander une interview ou de ne pas le faire parce que Théodora, mon épouse  et les deux bébés n'étaient pas là! Lorsque Baba est arrivé, j'avais une merveilleuse place et je pouvais si bien Le suivre du regard! Il est venu s'arrêter juste devant nous.

Om Jai Sai Ram! Quelqu'un à coté de moi touchait ses pieds, j'ai essayé de les toucher aussi, mais je n'y suis parvenu à les toucher qu'à travers sa robe! A ce moment, j'ai entendu les enfants qui demandaient une interview, j'ai alors réalisé, j'ai levé la tête et Swami était entrain de demander à Vanguelis "How many?" J'ai alors dit : "six Swami" et Il a dit : GO! Mon coeur battait à du mille à l'heure! Je ne parvenais pas à le croire! C'était comme dans un rêve! L'émotion m'étouffait!  Les larmes de joie m'inondaient! J'étais partagé entre le bonheur suprême et le fait que Théodora et les bébés n'étaient pas là! O Joie!  O Ananda! Nous nous sommes assis près de la porte de la pièce où Baba reçoit les gens et nous avons attendu que le darshan se termine!

Lorsque Vanguelis avait demandé l'interview, Swami lui caressait le bras en lui disant yes,yes, how many? Quel Amour se dégageait de Lui!  Nous étions tous au comble de la Joie! Les enfants étaient tout excités! O moments bénis entre tous !!!  Swami arrive, Il entre le premier dans la pièce et nous rentrons à sa suite, une dizaine de personnes du Sri Lanka, 4 ou 5 hindous et nous cinq de Belgique en dernier lieux. On prend place tout autour de la pièce qui est assez petite. Le fauteuil de Swami est dans le coin droit. Les enfants s'installent en face de Lui, dans le coin gauche et moi derrière eux. 

Swami commence directement à matérialiser de la vibhuti,  qu'Il distribue à toutes les femmes, qui se trouvent à sa gauche.

Et ensuite, Il s'adresse directement à nous en demandant qu'on se rapproche. Je pousse les enfants pour qu'ils aillent plus près de Baba. Mais Il n'est pas satisfait, et demande de nous rapprocher encore plus de Lui. On avance encore et en fait, on se trouve juste

devant Lui. Puis, Il me demande de me mettre moi, devant et toujours pas satisfait, Il me montre une place, tout près de Lui, à droite de son fauteuil et Il me dit là! Il a rigolé en disant que j'étais fainéant! Je me suis donc assis à sa droite. Il m'a tapoté la tête, caressé le bras! J'étais complètement perdu! Jamais je n'aurais espéré une chose pareille. Il y avait des milliers et des milliers de personnes à l'ashram! Il s'adresse à moi en me disant "Qu'est-ce que cela?" Je croyais qu'Il parlait de mon sac banane, mais non, Il montrait ma bague. C'était une bague que j'avais acheté 4 roupies aux échoppes à l'extérieur de l'ashram. "D'où vient-elle? Montres-là" Je l'ai enlevée et Il l'a prise avec un sourire. Moi, j'avais perdu tous mes moyens! J'étais aux anges! Je regardais Swami avec un tel émerveillement! C'était comme si je plânais, comme si je vivais dans un rêve! Je Lui ai répondu qu'elle venait du "bazar". Ah du magasin, du dehors, d'un magasin du dehors? J'ai répondu oui et alors, Il l'a lancée vers les hommes pour qu'ils puissent l'observer et elle a fait le tour de la pièce. Ensuite, elle est revenue chez Swami. Il l'a prise entre ses doigts et a soufflé trois fois dessus et me l'a montré.  C'était devenu une bague en argent avec un portrait de Bhagavan en couleur. Elle était magnifique! Il m'a demandé si je l'aimais, moi j'étais aux anges, je Le regardais avec des yeux pleins d'amour et de larmes, plânant je ne sais où, n'en croyant pas mes yeux! La nouvelle bague refait le tour de la pièce pour que chacun puisse la voir!  Lorsqu'elle arrive chez Christine, elle me la tend pour que je puisse la passer au doigt mais Swami me retient et me dit : No,no, Il la reprend, souffle trois fois dessus et la bague se transforme en une autre bague en or blanc, avec sur les deux cotés, gravé, le grand pillier de l'harmonie, la colonne du yoga comme certains l'appelle, en haut duquel se trouve un lotus. Sur le dessus de la bague, le portrait de Swami, en or jaune et en relief. Et Il dit alors : maintenant c'est de l'or. Il la fait repasser parmi l'assemblée et lorsqu'elle est revenue à Lui, Il prend mon doigt et me la passe au doigt lui-même, en disant : "c'est la taille parfaite, parfaite, tout ce que Swami fait est parfait. Elle est parfaite, comme Swami. Sois parfait aussi! Comme Swami! Caractère parfait!" Je ne peux pas exprimer ce que je ressentais à ce moment là.

J'étais comme dit l'expression, au septième ciel! Pendant tout ce temps là, Swami me tapotait sur la tête, me caressait le bras, me parlait si gentiment, avec tant d'amour! Un vrai Père Divin et en même temps une vraie Mère Divine! Moi, je me laissais aller..., pas une seule fois je n'ai essayé de contrôler l'interview en posant des questions. Je me laissais complètement aller, abandonné à ce que Baba voulait pour moi.  J'acceptais avec un immense amour et avec une infinie reconnaissance tout ce qu'Il disait! C'était vraiment une bénédiction! En me tapotant affectueusement, Il dit : Good man, good man ! Puis, Il a demandé aux enfants de s'approcher de Lui et demande à Spyros : Quel est ton nom? Quel âge as-tu? De quel pays viens-tu? De quelle ville? Dans quelle classe es-tu? Il a demandé plus ou moins la même chose à Vanguelis.  Ce qui est étrange, c'est qu'Il s'est adressé à eux en anglais et ils ont répondu en anglais aussi, alors qu'ils ne parlent pas anglais du tout! A un moment, Swami a demandé à Vanguelis : Comment est la Belgique? Là, Vanguelis n'a pas compris, en fait, il ne devait pas comprendre parce que Swami voulait répondre Lui-même à la question.

Lorsque j'ai essayé de traduire la question à Vanguelis, Il ne m'a pas laissé faire et Il a dit :"Bad,bad" alors que d'habitude Il disait toujours "very happy,very happy". Swami a regardé Christine et elle lui a dit "oui, la Belgique est divisée en deux parties", Swami a répondu : "Politique, trop de politique, beaucoup trop politique!"

Ensuite, Il se retourne vers moi et me demande ce que je fais en Belgique, quel est mon métier. Après Lui avoir répondu que je suis informaticien, Il dit : "no good, no good" (pas bon, pas bon).  Pas bon Swami? - No,No. Puis, Il s'est adressé à Aris, le plus jeune des trois, en anglais aussi, et il a aussi compris et répondu. Swami lui a caressé les cheveux, les bras, tapoter les joues, la nuque etc.  Et en fait, Aris a été complètement transformé après cela. Lorsque Swami touche quelqu'un, c'est pour faire passer de l'énergie en lui, ce n'est jamais que par simple amour! Il lui a dit plusieurs fois, good boy, good boy. Ensuite, Il s'est adressé aux autres personnes

du groupe. Il a matérialisé une montre et une bague avec un diamant.  Vanguelis raconte que lorsque Baba matérialisait la montre, il était penché pour regarder comment se passait la matérialisation, et il voyait en fait la montre sortir de sa paume! Swami a demandé l'heure en disant il est 16h15 n'est-ce pas? Un jeune a répondu, non, 16h17.  En rigolant, Swami a montré la montre en disant : 16h17 exactement.  Swami sait, regardez, et effectivement, sur la montre, il était 16h17.

Lorsqu'Il a demandé aux sri lankais d'aller à coté, dans la shiva room pour l'interview privée, moi, étant complètement perdu dans mon nuage et ma béatitude, je me suis levé pour partir mais Il m'a fait me rasseoir. Et après les srilankais, Swami, nous a octroyé une interview privée également.

En rentrant dans la shiva room, Il nous a fait nous asseoir devant Lui, en me demandant quand nous partions. En s'asseyant, Christine prend le pied de Swami dans ses mains, et elle l'a gardé tout au long de l'interview, Swami l'a laissé faire, c'était un de ses voeux les plus chers. En nous regardant, Christine et moi, Il nous dit :

Sai : - Vous êtes toujours entrain de vous battre, toujours vous battre.

Christine : - Ce n'est pas mon mari, Swami  - Ce n'est pas mon mari, Swami

Sai en montrant Christine : Toi plus que lui

Sai me montrant : C'est un homme bon, il se bat mais c'est un homme bon, oui, il est bon.

Moi : - Ce n'est pas ma femme Swami!

Sai : - Oui, je sais, je sais. Vous êtes des amis, simplement des amis!

Dialogue avec Christine .........

Sai s'adressant à moi : Où es ta femme ?

Moi : dans la chambre avec les bébés Swami

Sai : Oui, je sais, avec les jumeaux!

Sai : Combien d'enfants as-tu ?

Moi : cinq, Swami.

Sai : Cinq ! Fini maintenant! Arrêtes maintenant! Stop!  C'est dur pour elle! (Il montre Théodora avec deux enfants, un dans chaque bras).  - Stop maintenant! Fini!

Moi : Mais Swami, elle en désirait cinq!

Sai : Oui, je sais, mais terminé maintenant!

Il rigole un peu avec les enfants, en faisant des jeux de mots. Et puis en se retournant vers moi, Il dit : Je la verrai, elle et les enfants avant que vous ne partiez!

Moi : Oh, merci, merci Swami, Sai Ram, Jai Sai Ram!

Dialogue avec Christine .........

Ensuite nous avons quitté la pièce et Il a reçu les hindous.

En fait, durant toute l'interview privée, Swami nous a montré qu'Il était omniprésent, en nous disant des choses privées que personne ne pouvait savoir en dehors de nous-mêmes. En sortant de la Shiva room, nous étions tous au septième ciel! Tout le monde baignait dans un bonheur complet. C'était merveilleux! Quels instants bénis! Nous étions tous pleins de gratitude et plein d'amour! J'avais l'impression de flotter dans les airs! Oh, quelle Joie! Quelle Paix! Quelle Ananda!  En fait, ce que je ne parviens pas à exprimer en paroles, c'est l'Amour qu'on ressent, c'est cette énergie d'amour que Baba fait passer de Lui à nous. Comment l'expliquer? Comment en parler? Comment le faire sentir? C'est impossible. C'est peut-être pour cela que Swami dit, n'essayez pas de convaincre les autres, celui qui doute, n'a qu'à venir faire sa propre expérience avec moi. Il n'y a pas d'autre façon!

Avant de quitter la pièce, Swami a pris une corbeille de vibhuti et en a distribué une poignée à chacun de nous. Puis, Il nous a demandé de sortir. Nous ne marchions pas en sortant, nous volions au ralenti, nous flottions sur les airs. Christine, avec un visage rayonnant me remerciait, je l'ai embrassé, j'ai embrassé les enfants et je rigolais et pleurais de joie en même temps! O Sai, en vérité, toujours Tes plans sont mystérieusement réalisés. On a beau se tracasser, espérer, déchanter, Tes plans sont toujours réalisés! O Swami, que Tu es merveilleux! O Bhagavan, comment décrire Ta bonté, par quelles paroles décrire Ta bonté infinie envers nous? Gloire Te soit rendue, O Bhagavan, gloire Te soit rendue! Quelle joie indescriptible! Quelle extase merveilleuse! Quelle extase étrange! Les larmes, abondantes ruisselaient de mes yeux! O Sai! Que Ton nom soit glorifié pendant l'éternité! Que Tu sois béni pour Ton amour et pour Ta bonté! 

Nous sommes arrivés à l'immeuble, et nous avons rencontré Théodora et les bébés dans la cage d'escalier. Les enfants lui ont raconté ce qui nous était arrivé mais elle n'y croyait pas! Et puis, lorsqu'elle m'a vu pleurer et rigoler de joie, elle a compris. Je l'ai prise dans mes bras, ainsi que les jumeaux et nous avons rigolé et pleuré tous ensemble. O moment béni! J'avais retrouvé Swami, j'avais retrouvé Théodora,  je m'étais retrouvé moi-même! L'abandon à Baba! L'abandon à la Divine Providence!

Pendant tout le restant de la soirée, après les bhajans, nous n'avons parlé que de cela. Tous les gens qui nous rencontraient, nous demandaient de leur expliquer. Comment éviter cela? Vendredi Saint, pour nous, c'était le vendredi 14 août 1992. J'avais vraiment compris, maintenant que nous vivions un moment unique dans l'histoire de l'humanité. Baba est ici, sur notre terre, en même temps que nous, au même endroit ! J'ai l'occasion d'être avec Baba et de l'expérimenter comme ma propre vérité essentielle! C'est merveilleux! C'est unique!  Il m'a appelé, moi, Costa Zaboukis! Je crois que la seule façon, la seule manière de Le remercier, c'est d'essayer de pratiquer son enseignement quotidiennement. D'essayer de devenir un exemple réel de ce qu'Il nous enseigne! Om Jai Sai Ram!

Costa