SOYEZ HEUREUX !(Ossature générale)

Le principe de base est l’UNITE entre la PENSEE, le CŒUR et l’ACTION et la pratique des cinq valeurs humaines fondamentales : la VERITE, la CONDUITE JUSTE, la PAIX, l’AMOUR et la NON-VIOLENCE qui sont toutes incluses dans l’AMOUR.

L’AMOUR au niveau de la pensée = la VERITE ;

L’AMOUR au niveau de l’action = la CONDUITE JUSTE ;

L’AMOUR au niveau émotionnel = la PAIX ;

L’AMOUR au niveau collectif, universel = la NON-VIOLENCE.

Il existe différentes sortes ou différents niveaux d’AMOUR :

L’AMOUR animal, qui obéit à des pulsions et à des émotions rudimentaires ;

L’AMOUR humain, qui fait appel à des émotions plus raffinées et au discernement ;

L’AMOUR divin, qui aboutit à l’abandon et au sacrifice de soi.

COMMENT ATTEINDRE L’OBJECTIF DU BONHEUR DURABLE ?

Il y a trois voies complémentaires de base :

1)      Intellectuelle : le Jnana Yoga ou la voie de la connaissance et de la sagesse ;

2)      Emotionnelle : le Bhakti Yoga ou la voie de la dévotion et de l’amour ;

3)      Active : le Karma Yoga ou la voie de l’action ou la voie des œuvres.[1]

A noter qu’il existe encore d’autres voies, comme l’Astanga Yoga ou le Raja Yoga.    

1)     La voie de la connaissance et de la sagesse implique :

a)      La compagnie des saints et des sages et commence par une pédagogie adaptée[2], fondée sur les valeurs humaines de base (la VERITE, la CONDUITE JUSTE, la PAIX, l’AMOUR, la NON-VIOLENCE) qui sont les piliers de toutes les religions.                                                                                                            Elle débute dans le foyer familial et continue avec l’exploration de la nature (le meilleur professeur ?), à l’école, et puis éventuellement avec des stages et des ateliers, des conférences et des séminaires, des voyages et des pèlerinages, l’adhésion à un mouvement de jeunesse, à un club, à une église, à une organisation spirituelle…De bonnes fréquentations sont essentielles dès le départ et la qualité des ‘’enseignants’’ au sens large (parents, professeurs, éducateurs, instructeurs, moniteurs, ecclésiastiques…) est primordiale. Il n’est guère possible d’être un bon ‘’enseignant’’ sans incarner soi-même et sans diffuser naturellement (comme une fleur exhale son parfum) ces valeurs humaines de base. Le type de fréquentations exerce une influence énorme sur la nature et la composition du mental d’une personne. Cette influence s’exerce sur le fœtus dès avant la naissance dans l’utérus de la femme enceinte.

b)      L’étude des textes sacrés, de biographies de saints et de sages de différentes traditions, voire hors tradition (individuel et / ou collectif).

c)      Atmavichara : l’auto-investigation (individuel / collectif). Connaître et comprendre les cinq koshas (gaines) et les trois corps :

-         Annamaya Kosha, la gaine de nourriture, correspond au corps grossier ;

-         Pranamaya Kosha, la gaine éthérique, vitale ;

-         Manomaya Kosha, la gaine mentale, émotionnelle ;

-         Vijnanamaya Kosha, la gaine discriminative, intuitive. Ces trois dernières gaines correspondent au corps subtil, astral ;

-         Anandamaya Kosha, la gaine béatifique, correspond au corps causal.

Au-delà des trois corps et des cinq gaines, imperceptible et invisible, se situe l’Atma – ETRE, CONSCIENCE et FELICITE purs, ce que nous sommes en fin de compte et que l’on expérimente dans le samadhi, l’état du non-mental.

d)      La vigilance ou WATCH, en anglais, qui veut dire ‘’surveiller’’, ‘’observer’’ (individuel) :

-         W (Words = paroles) : Surveiller ses paroles, correspond à la valeur de la VERITE ;

-         A (Actions) : Surveiller ses actes, ses actions, correspond à la valeur de la CONDUITE JUSTE ;

-         T (Thoughts = pensées) : Surveiller ses pensées, correspond à la valeur de la PAIX ;

-         C (Character = caractère) : Surveiller son caractère, correspond à la valeur de l’AMOUR ;

-         H (Heart = cœur) : Surveiller son cœur, correspond à la valeur de la NON-VIOLENCE.

Cette attention globale doit être exercée en permanence, de manière détendue, comme si l’on regardait un bon film. Au début, elle est intermittente, mais l’habileté augmente au fil du temps avec la pratique. Elle prolonge en fait l’auto-investigation ou elle en fait partie. C’est une forme de méditation.[3] On ne doit s’attacher à rien, on ne doit s’identifier à rien. On doit simplement conserver la position du témoin. Les pensées et les émotions qui au départ ressemblent à des torrents impétueux prêts à nous emporter et à nous noyer se calmeront petit à petit pour laisser la place à un océan de plus en plus calme, à un ciel de plus en plus serein. Cette méthode directe et naturelle qui utilise le flux même de la vie exige de la confiance en soi et de l’audace et ne convient pas à tout le monde, car elle permet la réapparition de tout ce que nous n’avons pas pu accepter de la vie jusqu’à présent et que nous avons refoulé dans le subconscient.

Il existe une multitude de méthodes de méditation qui sont adaptées au niveau et au tempérament de chaque aspirant. A chacun de trouver celle qui lui convient.

Sai Baba recommande particulièrement la méditation sur la lumière qui est une pratique universelle convenant à tout le monde et même aux enfants en bas âge. (Individuel et / ou collectif)

2) La voie de la dévotion et de l’amour englobe :

a)      Les bhajans : les chants dévotionnels, de la simple écoute à la participation active (individuel et / ou collectif) ;

b)      Namasmarana, japa : la récitation du nom de la Déité ou d’un mantra (individuel et / ou collectif). Sai Baba et la Bhagavad Gita recommandent la récitation du Gayatri mantra qui est universel et qui peut convenir aux pratiquants de toutes les religions.

c)      La musique et les arts sacrés (individuel et / ou collectif) : poésie, peinture, danse, théâtre, sculpture, architecture…, selon les dons et les aptitudes de chacun ;

d)    Les rituels – puja, abhisheka… (individuel et / ou collectif) – et les fêtes.

3) La voie de l’action ou voie des œuvres inclut :

a)      Le seva : le service désintéressé (individuel et / ou collectif). Cela implique de mettre ses capacités, ses compétences et ses qualités au service de ceux qui en ont besoin, sans rien attendre en retour. Le résultat invariable d’un seva réussi est la paix et la satisfaction intérieure qui suivent l’action juste, accompagnées parfois par un sentiment d’amour et de félicité. Notons par ailleurs que le service désintéressé n’a rien à voir avec de la servilité : le cœur et la conscience restent les seuls maîtres de celui qui a le privilège et la faculté de pouvoir servir.

b)      La discipline du corps : - l’alimentation satvique, pure des cinq sens. C’est un  point capital. Si nous le négligeons, tout le reste est futile,                                      car l’alimentation est déterminante pour la constitution de notre corps et de notre mental. Nous devons veiller à ce que  tout ce que nous absorbons par les yeux, par les oreilles, par le nez, par la bouche et par le toucher soit le plus pur possible. Un corps en mauvaise santé et un mental impur (c’est-à-dire habité par les ennemis internes que sont la luxure, la colère, l’attachement, l’avidité, l’orgueil, la  jalousie, la haine et la peur) sont des instruments impropres  pour atteindre l’objectif du bonheur durable.  

   - l’exercice : gym, hatha yoga, tai chi, sports, arts martiaux, danse, marche…, selon les aptitudes et les goûts de chacun  (individuel et / ou collectif).

     Le corps physique est le temple de notre divinité et mérite donc tout notre respect.

Tout ceci constitue un yoga intégral et progressif. Chacun est unique et doit trouver son propre équilibre dynamique qui évolue avec le temps. L’intensité du bonheur est proportionnelle au calme du mental (au degré d’absence de pensées). Ce bonheur est très différent des pics émotionnels – très brefs et qui sont le fruit d’une fascination et d’un aveuglement vis-à-vis d’un autre être humain, par exemple, donc de l’ignorance et qui sont toujours suivis par des périodes de dépression ou d’abattement qui elles peuvent être beaucoup plus longues, une fois que l’on est retombé les pieds sur terre.

Au bout du compte, le bonheur est un état d’union, de fusion avec notre propre Soi, l’Atma, la Pure Conscience que figure la Déité. Jamais il ne devrait dépendre des circonstances extérieures qui fluctuent sans cesse et qui échappent totalement à notre contrôle.

Désirons-nous un bonheur durable, permanent ou un bonheur fugace, illusoire qui est soumis à tous les aléas de la vie, au bon vouloir d’autres personnes ? Voulons-nous rester des mendiants ou sommes-nous prêts à conquérir notre bonheur ?



[1] J’ai pris le système des yogas (cf. la Bhagavad Gîta pour une étude approfondie) comme cadre et Sri Sathya Sai Baba comme référence, mais cette structure est universelle et intemporelle. A noter que ‘’yoga’’ vient de la racine sanscrite yug qui veut dire joindre, unir, tenir lié, tout comme le mot ‘’religion’’ vient du latin religare qui signifie relier. Le yoga est l’union cœur-corps-esprit pour parvenir à la félicité parfaite, à la Réalisation du sage, l’état divin. Le terme yoga, dans son sens général, comprend donc beaucoup plus qu’un ensemble de positions bizarres ou acrobatiques, tel que se l’imagine le commun des mortels, et qui sont le fait d’un yoga spécifique qui ne nous intéresse pas ici ou alors accessoirement, le Hatha Yoga. 

[2] C’est-à-dire, qui veillera à trouver le bon équilibre et le bon dosage entre les connaissances matérielles, artistiques, scientifiques, techniques et spirituelles, tout en respectant l’individualité de chacun.

[3] Dans la littérature Sai, ce type de méditation est peut-être le mieux décrit dans le livre de John Goldthwait intitulé Purifying the Heart