SERVEZ L’HOMME…JUSQU'À CE QUE
VOUS VOYIEZ DIEU DANS TOUS LES HOMMES
Par M. Bjorn Ribers, Danemark
Bjorn est un travailleur social de la Croix-Rouge. Il a une maîtrise ès arts en psychologie et en communication. Membre du Groupe Sai des Jeunes, il a participé au projet du Centre pour les sans-abri et il visite aussi des foyers pour personnes âgées et pour handicapés. Sa femme, Henriette Emilie, est une artiste qui a représenté Baba dans ses peintures.
J’ai entendu parler pour la première fois de Sri Sathya Sai Baba en 1986, quand j’avais 14 ans. Je suis issu d’un milieu chrétien et c’était quelques mois après ma confirmation. Ma marraine avait récemment visité Prasanthi Nilayam et de retour au Danemark, elle me montra des photos de l’ashram. Une photo spécifique m’impressionna particulièrement. Elle représentait la grande statue devant le temple de Swami, avec la fleur de lotus et les cinq religions mondiales, unifiant spiritualité et science. ‘’Le message de Baba’’, nous dit-elle, ‘’c’est que toutes les religions sont des aspects de la même Vérité, du même Dieu, bien qu’elles puissent L’appeler par des noms différents.’’ A ce moment-là, je ressentis le contact d’une voix profonde en moi disant : ‘’Oui, c’est la Vérité, c’est ce que j’ai moi-même toujours ressenti.’’ Les paroles s’accompagnèrent d’un sentiment de paix.
Quelques années plus tard, ma mère se rendit à Prasanthi Nilayam et rapporta de la vibuthi, de la littérature sur Baba et des photos de Lui – de même que de magnifiques expériences qu’elle capta dans ses peintures ‘’Darshan’’ et ‘’Prière du Matin’’.
‘’Darshan’’ ‘’Prière du Matin’’
Dans la famille, nous parlions souvent de Baba, de Ses enseignements et d’autres questions spirituelles. Je menais la vie d’un jeune Danois moyen, j’allais au collège, je prenais part à des activités sportives et je passais du temps avec mes amis et ma famille, mais le désir d’une vie plus spirituelle augmenta au fil des ans. Je priai le Dieu omniprésent sans nom et sans forme de me montrer le guide spirituel que j’étais destiné à suivre. La nuit suivante, Baba m’apparut dans un rêve, Il me parla en anglais et Il me conseilla sur divers aspects de ma vie. Ces rêves font partie de ma vie intérieure et de ma communication avec Lui depuis lors.
En 1994, je me rendis à Prasanthi Nilayam avec un groupe de dévots Sai danois pour Noël. Je ne suis pas allé en Inde pour découvrir qui Baba était. Pour quelque raison inconnue, il m’apparaissait déjà clairement qu’Il était la réincarnation du Seigneur Krishna, le Créateur de cet univers. Je ne suis pas non plus venu pour une guérison, pour être convaincu de la faculté de matérialisation de Baba ou pour tester Ses pouvoirs divins. Je suis venu parce que je nourrissais une aspiration profonde de Le voir et de ressentir Sa présence.
Des yeux d’une profondeur infinie
Un jour, pendant le Darshan, Il était
debout, juste devant moi. Il ne me parla pas, mais Il me regarda droit dans les
yeux et Il sourit. Son visage était si beau. Un vieil adage dit : ‘’Les
yeux sont le miroir de l’âme’’ et j’avais souvent l’impression qu’en regardant dans les
yeux d’une personne, je voyais un reflet de l’unicité de son âme.
Mais avec Swami, il ne semblait pas y avoir d’âme individuelle. Pas de début, pas de fin. Regarder dans Ses yeux, c’était avoir une vision de l’éternité, de l’Etre infini et absolu – de Dieu. Je fus plongé dans l’insondable, submergé et profondément touché. Il me laissa…baba avec des larmes plein les yeux.
Quelques jours plus tard, le jour de Noël, un dévot Sai indien partagea avec moi les paroles suivantes de Baba :
‘’Où que tu ailles, sache toujours que Je serai là, à l’intérieur de toi, pour te guider à chaque étape du chemin. Dans les années qui viennent, tu M’expérimenteras dans les différentes manifestations de Ma forme. Tu es Mien, plus précieux que précieux pour Moi. Je te protégerai comme la paupière protège l’œil.’’
J’étais loin de me rendre compte à l’époque quelle signification ces paroles auraient pour moi dans les années à venir !
Aspirations du cœur
Quand je rentrai au Danemark, ma vie changea complètement. Si je devais être digne de Le regarder dans les yeux encore une fois, je devrais mettre en pratique Ses enseignements. Que m’avait-Il dit ? Que je devrais Le voir dans les différentes manifestations de Sa forme et que c’est uniquement par l’amour et par le service à l’humanité que je pouvais servir Dieu et obtenir la grâce de Dieu. Un jour du printemps 1995, le poème suivant jaillit dans mon esprit :
Beloved
One, Beloved One,
Let me be your sacred son.
I am Yours and You are mine
We are all in Love Divine.
Take my life and make me You,
Make me just as loving too.
You are God and I am too,
Let me work in love for You.
Lead me on the journey through
All the way back Home to You.
I am Yours and You are mine,
Wa are all in Love Divine.
Oh, my Lord, I pray to Thee,
Make me humble on my knee.
I will serve the best I can,
See You Lord in every man.
We are One,
Father, Son.
Please make me Yours,
Beloved One.
(Ce qui donne très approximativement) :
Bien-aimé, Bien-aimé,
Permets-moi d’être Ton fils sacré.
Je suis Tien et Tu es mien,
Dans l’amour, nous sommes tous divins.
Prends ma vie et fais moi Toi,
Aussi affectueux que Toi, aussi.
Tu es Dieu et moi aussi,
Puissé- je travailler dans l’amour pour Toi.
Guide-moi,
Tout au long du trajet qui me ramène à Toi.
Je suis Tien et Tu es mien,
Dans l’amour, nous sommes tous divins.
Oh mon Seigneur, je T’en prie,
Rends-moi humble, je m’agenouille,.
Je servirai du mieux possible,
Je Te verrai, Seigneur, dans chaque homme.
Nous sommes Un,
Père et Fils.
Daigne me faire Tien,
Bien-aimé.
Vision de Sai
Je l’ai intitulé Bien-aimé et les mots définissaient la manière dont je m’efforçais de vivre ma vie. Néanmoins, les mots seuls ne suffisent pas. Ils doivent être suivis par la pratique. Je me portai donc volontaire pour visiter le foyer pour personnes âgées le plus proche. Plusieurs fois par semaine, j’allai passer du temps auprès des aînés, je leur parlais, j’écoutais l’histoire de leurs vies et j’apprenais au sujet des difficultés auxquelles ils sont confrontés au cours des derniers jours de leurs vies.
Je réalisai que, lorsqu’ils faisaient la
rétrospective de leurs vies, l’expérience la plus précieuse avait été l’amour
de leurs familles. Ces moments de service furent certainement gratifiants pour
moi. Toutefois, j’avais souvent la nostalgie de l’Inde, de Swami et de la
proximité de mon Père, le Poorna Avatar.
C’était lors d’une telle journée, en allant rendre visite à un aîné dans un foyer pour personnes âgées que j’avais la nostalgie de l’Inde et de Swami. En entrant dans la chambre où le vieil homme vivait, je le vis allongé sur son lit. Et en m’approchant et en commençant à parler, mes pensées retournèrent en Inde et pendant quelques instants, je ne me focalisai pas sur la personne que j’avais en face de moi et que j’avais promis ’Je suis partout, en permanence’’
de servir.
Quand je levai à nouveau les yeux, ce n’était plus le vieil homme qui était allongé sur le lit. C’était Sri Sathya Sai Baba dans Sa robe orange avec Sa couronne de cheveux noirs ! Pas comme une vision ou un rêve, mais dans Sa forme physique ! J’étais tellement sidéré que je tombai presque à genoux. Mais à l’instant où je bougeai, la scène se transforma. Ce fut de nouveau le vieil homme allongé en face de moi.
‘’Servez l’homme jusqu’à ce que vous voyiez Dieu dans tous les hommes’’, nous dit Baba. Je passai le reste de ma journée avec mon ami, méditant les paroles de Baba. Aussi humble que je le serais envers Swami, je devrais l’être envers cet homme. Aussi respectueux que je le serais envers Swami, je devrais l’être envers cet homme. Tout l’amour que j’aurais pour Swami, je devrais l’avoir pour cet homme. ‘’Dans les années à venir, Tu M’expérimenteras dans les différentes manifestations de Ma forme.’’ Baba avait en effet tenu parole. Pendant cinq ans, je servis plusieurs personnes au foyer pour personnes âgées et j’y passai presque chaque soirée. Je n’ai plus revu Swami dans Sa forme divine qui m’est familière, mais j’ai appris à voir et à faire l’expérience de Son omniprésence et de Son amour dans Sa multiplicité de formes.
Heart2Heart
Décembre 2007